Alopécie de traction : quand locks et tresses tirent trop
Alopécie de traction : mécanisme, signes à surveiller et gestes pour préserver son cuir chevelu quand on porte des locks, twists ou tresses.

Quentin ChevalierRédacteur
Dans cet article
Les locks, les twists et les tresses protègent souvent les cheveux crépus des agressions extérieures et limitent la casse au quotidien. Mais quand la pose ou le retwist serrent trop la fibre, année après année, le cuir chevelu peut finir par s’épuiser à certains endroits précis. C’est justement pour garder une tension mesurée qu’un salon habitué à ce type de coiffure, coiffeur extensions de locks, prend le temps de doser la traction dès la pose plutôt que de la corriger après coup. Cette vigilance ne remplace pas un avis médical, mais elle joue un rôle réel dans la prévention d’un phénomène connu sous le nom d’alopécie de traction.
Qu’est-ce que l’alopécie de traction
L’alopécie de traction désigne une chute de cheveux provoquée par une traction mécanique répétée sur la fibre capillaire, et non par un dérèglement hormonal ou une maladie du cuir chevelu. Selon Ducray, ce mécanisme s’explique simplement : une tension continue finit par éloigner progressivement la racine du cheveu de son follicule, jusqu’à fragiliser l’ancrage du cheveu lui-même.
Ce phénomène ne survient pas du jour au lendemain. Il résulte le plus souvent d’une accumulation de gestes ou de coiffures qui exercent, pose après pose, une pression sur les mêmes zones du cuir chevelu.
Pourquoi les cheveux afro et crépus sont plus exposés
Les cheveux afro et crépus sont statistiquement plus concernés par ce type de chute. Une étude publiée dans l’International Journal of Dermatology, citée par Ducray, indique que 11 % des femmes noires seraient touchées par une chute de cheveux, contre 5 % des femmes d’origine caucasienne.
Cet écart s’explique en partie par la nature des coiffures fréquemment adoptées sur ce type de cheveu : tressages serrés, tissages, locks ou défrisages répétés sollicitent davantage et plus régulièrement les mêmes points d’ancrage capillaire.
Ces repères ne signifient pas qu’une coiffure tressée ou une pose de locks entraîne systématiquement une chute. Ils indiquent surtout qu’une vigilance particulière est utile pour ce type de cheveu, notamment sur la fréquence des poses et l’intensité de la tension appliquée.

Les signes qui doivent alerter
L’alopécie de traction se manifeste généralement à des endroits assez précis du cuir chevelu : les tempes, le front, ou plus largement la ligne d’implantation frontale des cheveux. C’est souvent là que la tension exercée par une coiffure tirée est la plus forte et la plus continue.
Ducray précise pourquoi ces zones sont les premières touchées : les cheveux y sont naturellement plus fins, donc plus fragiles face à une tension répétée. Un recul progressif de la ligne des cheveux sur les tempes, ou une densité qui diminue au bord du front alors que le reste de la chevelure reste fourni, correspond donc à la localisation typique décrite pour ce type de chute. Observer régulièrement ces zones, par exemple entre deux poses, permet de repérer un changement plus tôt.
Ces indices ne permettent pas, à eux seuls, de poser un diagnostic. Ils indiquent en revanche qu’il peut être utile d’en parler, à la fois à son coiffeur et, en cas de doute persistant, à un professionnel de santé.
Réduire le risque sans renoncer à sa coiffure
Porter des locks, des tresses ou un tissage ne signifie pas s’exposer automatiquement à ce risque. Quelques ajustements suffisent souvent à limiter la pression exercée sur le cuir chevelu.
Desserrer légèrement les coiffures tenues, surtout au niveau des tempes et du front, réduit déjà une partie de la contrainte. Alterner avec des périodes de cheveux détachés, quand c’est possible, laisse aussi au cuir chevelu un temps de récupération entre deux poses.
Ducray recommande par ailleurs de ne pas dépasser quatre défrisages ou tissages par an, un repère simple pour espacer suffisamment les interventions les plus tractives. Enfin, confier la pose et le retwist à un professionnel formé spécifiquement à ce type de coiffure, plutôt qu’à un amateur, aide à maintenir une tension raisonnable dès le départ.

Quand consulter un professionnel de santé
Ce site reste un média d’information, pas un cabinet médical. Les éléments présentés ici visent à expliquer un mécanisme et à donner des repères de prévention, sans se substituer à un avis individualisé.
En cas de doute réel, de plaques dégarnies qui s’installent ou d’une chute qui semble s’aggraver malgré des ajustements de coiffure, la consultation d’un dermatologue reste la démarche la plus indiquée. Un salon capillaire compétent aide à limiter le risque mécanique à la source, mais il ne peut ni diagnostiquer ni traiter une alopécie déjà installée.
Un dialogue entre le salon et, si besoin, un professionnel de santé permet souvent d’ajuster à la fois la coiffure et le suivi, plutôt que de renoncer d’un côté ou de l’autre.
Ce qu’il faut retenir
L’alopécie de traction n’est pas une fatalité liée aux locks, aux tresses ou aux tissages en tant que tels. Elle dépend surtout de la tension exercée, de sa fréquence et de sa durée. Espacer les poses, surveiller les premiers signes et confier la technique à des mains expérimentées constituent des repères simples pour continuer à porter la coiffure de son choix tout en préservant son cuir chevelu.
L’alopécie de traction touche-t-elle uniquement les femmes qui portent des locks ?
Non. Elle peut concerner toute personne exposée à une tension répétée sur le cuir chevelu, quel que soit le type de coiffure : tresses serrées, tissages, queues de cheval tirées ou défrisages fréquents. Les locks n’en sont qu’un exemple parmi d’autres coiffures tractives.
Une alopécie de traction repousse-t-elle toujours ?
Pas systématiquement. Selon Ducray, la repousse dépend de l’ancienneté et de l’intensité de la traction : identifiée tôt, elle peut être réversible, mais une tension prolongée peut rendre la chute définitive sur certaines zones.
Quelles zones du cuir chevelu surveiller en priorité ?
Selon Ducray, l’alopécie de traction touche le plus souvent les tempes et le front, là où les cheveux sont plus fins et donc plus fragiles. Un recul de la ligne des cheveux à ces endroits mérite d’être signalé à son coiffeur et, en cas de doute, à un dermatologue.
Faut-il arrêter complètement les locks en cas de signes d’alopécie de traction
Ce n’est pas la seule option. Desserrer la coiffure, espacer les poses et consulter un dermatologue en cas de doute permettent souvent d’adapter la pratique sans renoncer entièrement à ce type de coiffure.

Quentin Chevalier suit la littérature scientifique sur la chute de cheveux et les alopécies — traction, cicatricielle, diffuse — et la traduit en articles vérifiables. Il indique systématiquement l'origine et la date de chaque étude citée.
Mis à jour le 30 septembre 2026


