Aller au contenu
Chute & alopécies

Comment faire pousser les cheveux crépus : ce qui se mesure, ce qui re

Non, aucun geste ne fait pousser un cheveu plus vite. Ce qui se mesure, ce qui reste un mythe, et les signes qui justifient de consulter un dermatologue.

Quentin Chevalier

Quentin ChevalierRédacteur

Mis à jour le 5 octobre 20266 min de lecture

Dans cet article

Non, aucun geste posé sur le cuir chevelu ne fait pousser un cheveu plus vite. Ce n’est pas une opinion de plus dans la masse : c’est ce que disent les mesures disponibles, et elles sont moins nombreuses qu’on le croit. Avant de parler de ce qui marche vraiment pour faire pousser les cheveux, il faut dire ce que ce mot recouvre. Une longueur qui augmente n’est pas une pousse accélérée. La requête « comment faire pousser les cheveux » compte environ 1 714 recherches par mois. La réponse, elle, est nettement moins fournie.

Ce que la littérature mesure vraiment sur la pousse

Le cheveu pousse par cycles. Chaque follicule alterne une phase de croissance, l’anagène, qui dure plusieurs années, puis une phase de repos, la télogène, d’environ 3 mois, avant de repartir. La vitesse la plus citée, environ 1 cm par mois, est une moyenne de population. Elle ne dit rien de votre tête en particulier.

Sur cheveux crépus et bouclés, la question se complique. La fibre hélicoïdale est fragile aux points de courbure, et une coiffure tirée répétée fait le reste. Une partie de ce qu’on appelle « pousse qui stagne » est en réalité de la casse. Je tranche sur ce point : si vos cheveux restent à la même longueur depuis six mois, regardez d’abord les pointes au peigne avant de chercher un sérum.

La littérature sur la traction, notamment l’article de Harkey en 1993, décrit surtout des pertes localisées aux tempes et à la lisière. Elles viennent d’une tension répétée, pas d’un défaut de pousse. C’est une nuance qui change tout le traitement.

Pourquoi une étude sur la souris ne dit rien de vos cheveux

C’est l’erreur que je vois le plus souvent. Un résultat obtenu chez la souris, ou sur des cellules en culture, est publié, repris, puis transformé en promesse sur un flacon. Le raccourci est tentant. Il n’est pas valable. Une cellule isolée dans une boîte ne réagit pas comme un follicule dans un cuir chevelu humain, et une souris n’a ni le même cycle ni les mêmes cheveux.

Pour lire une étude, je regarde trois choses : l’espèce, le type de test, et la date. Un essai chez l’humain, avec groupe témoin, pèse plus lourd que dix observations sur des volontaires non comparés. Une publication vieille de cinq ans n’est pas obsolète pour autant, mais elle ne dit pas ce que la dernière année a changé. Sur la pousse des cheveux afro, les données humaines restent limitées. Ce n’est pas un défaut de sérieux, c’est l’état de la recherche. Ça s’écrit tel quel.

Casse, sécheresse, tension : ce qu’un geste peut vraiment empêcher

Voilà le point où je suis moins sévère. Un geste ne fait pas pousser, mais il peut éviter de perdre. C’est un gain réel, et il se mesure autrement : moins de cheveux cassés au démêlage, moins de pointes sèches après deux semaines de coiffure protectrice, un cuir chevelu qui ne réagit plus à chaque tresse serrée.

Trois leviers ont une logique documentée. D’abord la tension : une coiffure qui tire sur les tempes pendant des mois entraîne une perte que le lavage ne compense pas. Ensuite l’hydratation des longueurs, pour limiter la casse, qui est la cause la plus fréquente de la « non-pousse » ressentie. Enfin le nettoyage du cuir chevelu, pour éviter l’irritation. Aucune de ces trois mesures n’accélère le cycle. Toutes permettent de garder ce qui a déjà poussé.

Pour la tension, je ne serrerais plus jamais une coiffure tirée au même endroit deux mois de suite. Les repères pratiques sont dans ce guide sur les coiffures protectrices pour puffs. Pour la casse et la porosité, la lecture de l’article sur la porosité des cheveux aide à choisir les soins qui retiennent l’eau au lieu de la laisser partir.

Comment lire une promesse de pousse : niveau de preuve

Essai chez l’humain, avec groupe témoin : niveau le plus solide, à lire en premier.
Observation humaine sur un petit effectif : utile pour une piste, insuffisant pour une promesse.
Étude animale (souris) : ne se transpose pas directement à un cuir chevelu humain.
Culture cellulaire : étape préliminaire, aucune preuve de résultat chez la personne.
Promesse commerciale : aucun niveau de preuve, à traiter comme une publicité.

Requête « comment faire pousser les cheveux » : environ 1 714 recherches par mois.

Quels signes doivent faire consulter un dermatologue

Une chute qui change de rythme se règle chez un professionnel, pas en ligne. Trois signaux me font dire d’y aller sans attendre.

Une perte localisée aux tempes, à la nuque ou à la lisière, qui s’étend d’un mois à l’autre. Une plaque nette, sans cheveux, ou une zone lisse qui brille.

Un cuir chevelu douloureux, qui démange, brûle, ou se couvre de petites pustules qui reviennent. Ce symptôme ne se règle pas avec un shampooing de plus.

Une durée : plus de trois mois de perte visible sans que la coiffure ait changé, ou une casse qui revient alors que la routine n’a pas bougé.

Si la coiffure a changé, commencez par elle. Si rien n’a changé, ne perdez pas un mois à tester des produits en attendant. Je ne ferais jamais un traitement sans diagnostic posé.

Quel professionnel voir, et que lui demander

Le bon interlocuteur est un dermatologue, de préférence à l’aise avec les cheveux crépus et les alopécies de traction. Le médecin généraliste peut poser un premier constat et vous orienter. Ne demandez pas au spécialiste quelle marque utiliser. Demandez-lui trois choses.

D’abord, ce qui a changé depuis six mois, avec une photo datée de la zone qui vous inquiète. Ensuite, quelle coiffure tire, et depuis quand. Enfin, quelle hypothèse il retient avant de proposer un traitement.

Le carnet compte plus que la mémoire. Notez la date de chaque coiffure serrée, la date des premières pertes, et ce que vous avez essayé. Une semaine de notes vaut mieux qu’un souvenir flou de six mois.

Examen du cuir chevelu lors d'une consultation dermatologique en cabinet

Photo : fernandozhiminaicela / Pixabay

Un sérum peut-il accélérer la pousse ?

Non. Un sérum peut améliorer la souplesse de la fibre et limiter la casse. Il n’agit pas sur la vitesse du cycle, et aucune étude humaine solide ne le démontre à ce jour.

Combien de temps attendre avant de consulter ?

Si la perte est localisée, douloureuse, ou qu’elle dure plus de trois mois sans cause claire, ne patientez pas. Dans les autres cas, six semaines de carnet suffisent pour voir si ça bouge.

Le geste le plus utile cette semaine n’est pas un produit. C’est une photo de vos tempes, datée aujourd’hui, à comparer dans six semaines. Ce n’est pas spectaculaire. C’est ce qui permet de savoir si ça bouge vraiment.

Quentin Chevalier

Quentin Chevalier

Quentin Chevalier suit la littérature scientifique sur la chute de cheveux et les alopécies — traction, cicatricielle, diffuse — et la traduit en articles vérifiables. Il indique systématiquement l'origine et la date de chaque étude citée.

Voir tous ses articles →

Mis à jour le 5 octobre 2026

Toujours dans Chute & alopécies

Demander mon bilan capillaire